
Temps de lecture : 4 min
Ce qu’il faut retenir
- Grand Prix 2026 : Emeline Rigault remporte le Grand Prix du Festival International des Créateurs de Mode avec sa collection « Cosmose », fabriquée à partir de pneus de vélo, chambres à air et bandes VHS recyclés.
- Prix Caroll : Manon Boric est distinguée pour sa collection en lin et coton bio aux volumes asymétriques, et créera une capsule pour Caroll.
- Rendez-vous : Tous les lauréats bénéficieront d’une visibilité au salon Who’s Next, du 16 au 18 janvier 2027 à la Porte de Versailles.
Soyons honnêtes — quand j’ai entendu parler d’une collection de robes faites avec des chambres à air et des pneus de vélo, j’ai d’abord levé les yeux au ciel. Encore un concept écolo-bobo qui va finir en photo Instagram et jamais sur un vrai dos. Puis j’ai vu les images de « Cosmose ». Et franchement, j’ai arrêté de faire la maligne.
C’est le genre de truc qui change tout : Emeline Rigault, lauréate du Grand Prix de cette 30e édition du Festival International des Créateurs de Mode, a transformé des pneus de vélo en sacs, des chambres à air en robes fourreaux et des bandes magnétiques de VHS en mailles. Je ne vais pas vous mentir, j’ai moi-même une vieille pile de cassettes VHS dans un carton chez ma mère, et je n’avais jamais imaginé qu’on puisse en faire autre chose que du remords générationnel.
Le festival s’est tenu du 9 au 11 octobre au Théâtre des Jacobins, à Dinan. Fondé par Dominique Damien Réhel, il a réuni décideurs du secteur et grand public autour des jeunes créateurs. Le jury, présidé cette année par Nelly-Claire Rodi, a donc couronné Emeline Rigault, qui repart avec un joli pactole : un accès à l’incubateur Jean-Luc François (valorisé à 6 000 euros), une solution CDESIGN à 8 400 euros, une formation à l’Académie internationale de coupe de Paris (6 580 euros), un stand Who’s Next (6 800 euros), et des étoffes Sfate & Combier pour 1 500 euros. Ce n’est pas rien.
Un jury prestigieux et des prix qui font vraiment la différence
Il faut qu’on parle de ça : ce concours n’est pas juste un défilé de fin d’études. On y croise Rodrigo-Basilicati Cardin, dirigeant du Groupe Pierre Cardin, des représentantes du Groupe Beaumanoir ou de Messe Frankfurt. Des gens qui ont le pouvoir de lancer une carrière, pas juste de décerner une médaille.
Parmi les autres lauréats, Manon Boric a reçu le Prix Caroll du Groupe Beaumanoir pour sa collection en lin et coton biologique, travaillée dans des tons noirs et naturels avec des volumes asymétriques enveloppants. On ne va pas se raconter des histoires : elle va pouvoir créer une collection capsule avec Caroll. De son côté, Clara Thévenet (LISAA Mode) a décroché le Prix Pierre Cardin pour ses découpes à géométrie variable, ses motifs et son esthétique inspirée des années 1970 ; elle intégrera le studio du groupe pour trois mois rémunérés. Et Hombeline Pinault a remporté le Prix Royal Mer pour ses réinventions du pull camionneur ; elle concevra une capsule distribuée pour l’automne-hiver 27/28.
Et les autres prix ?
Messe Frankfurt, l’organisateur de salons professionnels, a décerné trois prix donnant accès à un accompagnement sur ses salons. Dune Clément-George ira au salon Viatt au Vietnam, Téa Habre à Texworld en Ouzbékistan, et Frida Scheler bénéficiera d’un stand sur Néonyt, le salon parisien de la mode responsable.
Le Prix See and Like de la Fédération nationale de l’habillement est revenu à Paloma Raitif, dont les ponchos imprimés ont été choisis par le grand public via un vote sur Instagram — elle aura droit à une mise en avant auprès des commerces indépendants. Enfin, Clara Thévenet a aussi reçu le Coup de cœur de Nelly-Claire Rodi pour sa collection « Play Around ».
On ne va pas se mentir : ces prix, ce n’est pas juste une ligne sur un CV. C’est un accompagnement concret, des mois de formation, une visibilité commerciale. Tous les créateurs sélectionnés seront exposés au prochain Who’s Next, du 16 au 18 janvier 2027, à la Porte de Versailles.
Ce que j’aime dans ce genre d’événement, c’est qu’il rappelle que la mode ne se résume pas aux podiums parisiens et aux it-bags hors de prix. Parfois, elle naît dans un atelier de Dinan, avec des pneus de vélo et une machine à coudre. Et ça, je trouve ça plus excitant que n’importe quelle campagne de pub.

Ancienne assistante styliste, rédactrice depuis toujours. J’écris sur la mode, la beauté et l’art de vivre — sans langue de bois ni liste d’incontournables recyclée. Si je le recommande, c’est que j’y ai mis les mains.