Houmous à Paris : l’Artisan Libanais réinvente l’apéro

Test du bar à houmous de l'Artisan Libanais à Paris. Ambiance, assiettes et pourquoi c'est plus qu'un simple apéro.

Temps de lecture : 4 min

Ce qu’il faut retenir

  • Houmous : Oubliez la version fade. Ici, il est crémeux, décliné en versions audacieuses et personnalisable.
  • Ambiance : Une déconnexion urbaine réussie. Tons ocres, matières brutes, l’apéro devient une destination.
  • Accessibilité : Malgré la qualité, les prix restent doux. Une convivialité qui ne se paie pas au prix fort.

Il faut qu’on parle de l’apéro parisien

Je ne vais pas vous mentir : j’en avais marre. Marre des mêmes planches de charcuterie, des mêmes sourires forcés autour d’un verre de vin trop cher, de cette idée que l’afterwork doit être une corvée chic. Et puis, un soir de mars 2026, alors que je traînais du côté du Faubourg Saint-Antoine, j’ai poussé la porte de l’Artisan Libanais. Et franchement, c’est le genre de truc qui change tout.

Soyons honnêtes — on ne va pas se raconter des histoires. Quand on parle de cuisine libanaise à Paris, on imagine souvent des assiettes standard, des saveurs déjà connues. Là, c’est autre chose. L’endroit, qui fêtait ses dix ans, venait de s’offrir une nouvelle adresse. Les murs ocre, les matières brutes… L’ambiance vous prend aux tripes et vous dit immédiatement : ici, l’apéro n’est plus une transition. C’est une fin en soi.

Le houmous, mais pas comme chez ta tante

La star, évidemment, c’est lui. Mais oubliez le truc pâteux et terne qu’on vous sert parfois. Je me souviens de la première cuillère. La texture était d’une crémeur folle, presque aérienne. Ce n’est pas rien.

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Ils le déclinent avec une audace qui m’a surprise. J’ai testé la version betterave et sumac, parsemée de grenades qui éclatent sous la dent et d’un fromage de brebis au thym qui apporte une profondeur salée. Il y a aussi une recette aux poivrons et pignons de pin, plus relevée. Le détail génial ? Un trio de petites fioles d’huile – truffe, piment d’Espelette, grenade – pour personnaliser son bol. Un jeu d’enfant qui rend l’assiette unique.

Et les pains… On ne va pas se raconter des histoires, un bon houmous meurt sans un bon pain. Là, ils sont faits maison, travaillés comme des pâtisseries. La torsade aux olives et zaatar est addictive. Celui aux figues et romarin, avec sa petite touche sucrée-salée, est une révélation. C’est concret, sensuel. On sent la matière.

Ce que j’ai aimé (et ce qui m’a moins convaincue)

Je suis honnête, je ne cite jamais une marque en bien sans nuance. Alors voilà mon bilan.

Les coups de cœur : Le Moutabal, ce caviar d’aubergine fumée, est une tuerie. Le taboulé est léger, très persillé, exactement comme je l’aime. Et les croustillants de halloumi à la pistache… Croquants à l’extérieur, fondants à l’intérieur. J’en rachèterais sans hésiter. Les accompagner d’un verre de Château Keyfraya, un vin rouge libanais, c’est un voyage immédiat.

Le petit bémol : Les cocktails signatures, comme le Beyrouth Ice Tea, sont bien troussés et dépaysants. Mais par une belle soirée, sur la terrasse, je suis restée sur un simple verre de vin. Les cocktails, c’est un mood. Ce soir-là, je n’étais pas dans le mood « mixologie élaborée », mais plutôt dans celui de la simplicité gourmande. Ce n’est pas une critique, c’est juste mon état d’esprit du moment.

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Le dessert et l’addition : deux bonnes surprises

Pour le sucré, ils ont fait appel à un pâtissier étoilé. J’ai goûté le « Tiramisouk », une revisite orientale du classique. C’est intelligent, bien fait. Mais, et franchement, mon cœur a balancé vers les incontournables Baklawas. Ceux-là, ils ne trichent pas. Du miel, de la pistache, de la pâte filo ultra-fine. C’est la bonne version, celle qui colle aux doigts et dont on se souvient.

Et c’est là que ça devient intéressant. Malgré cette montée en gamme évidente – les produits, le soin, le décor – l’addition reste douce. Des formules autour de 15€ pour des assiettes garnies ou des mezzé. L’excellence accessible, ce n’est pas qu’une formule. Ici, c’est une réalité. Après des années à tester des adresses où la note fait mal au porte-monnaie et à l’ego, ça fait du bien.

Mon verdict de parisienne un peu blasée

L’Artisan Libanais, ce n’est pas qu’un restaurant ou un bar à houmous. C’est une preuve. La preuve qu’on peut réinventer un moment aussi codé que l’apéro parisien sans le rendre prétentieux ou hors de prix. L’adresse du 12e a le chic de la nouveauté, mais celle de Belleville, avec son olivier centenaire à l’intérieur, a l’âme d’une institution qui dure.

Je suis repartie avec cette sensation rare : avoir vécu une vraie parenthèse, gourmande et chaleureuse, sans avoir l’impression d’avoir joué un rôle. C’est ça, leur vrai talent. Ils ne vous vendent pas du rêve, ils vous offrent un bon moment, point. Et en 2026, à Paris, ce n’est pas rien.

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